Follow me:

Voyager en avion avec un enfant de 15 mois : bienvenue à bord !

J’adore l’avion, c’est de loin mon moyen de transport préféré. Pouvoir être à l’autre bout du monde en quelques heures en ayant juste le temps de manger (souvent), de regarder des films et de roupiller quelques heures en bavant sur un oreiller qu’on n’aura même pas à laver, c’est quand même un luxe formidable. Enfin ça, c’était avant… Avant qu’une troisième personne s’incruste dans nos voyages : un minuscule grumeau, mais qui prend une place folle, et encore plus aux moments où il faudrait se faire toute petite, toute discrète. On en a fait l’expérience pour le moins mouvementée lors de nos premières vacances en famille, 15 jours en Crète au mois d’août dernier.

Toulouse – Héraklion, 3h30 de vol, l’idéal pour commencer. En tous cas, c’est ce que l’on pensait…

Rappel : le récit des événements qui va suivre est garanti 100% véridique. Aucun fait n’a été imaginé ou amplifié. Rappelle-toi : ils sont capables de tout.

 CIMG3966

Avant le départ

Avant, à 2

Nous arrivons tranquillement à l’aéroport avec une valise et un petit sac à dos pour nos affaires en cabine, pas besoin de se charger davantage. Nous allons jusqu’au guichet d’enregistrement : la file d’attente est déjà un peu longue, mais ça n’est pas le temps qui nous manque ! Nous patientons donc en discutant de ces belles vacances qui nous attendent.

Ensuite, un petit tour au Relay pour acheter quelques magazines, histoire de passer le temps. Cosmo, Glamour, Joystick, Première… Des revue de haute volée quoi. On s’installe pour bouquiner, puis on va prendre un café avec une petite pâtisserie au café, tout en discutant et de plus en plus impatients d’embarquer.

Ça tombe bien, il est temps ! Un petit passage aux douanes, et on profite du temps qu’il nous reste pour faire le tour des boutiques de la zone Duty Free. Je m’extasie devant les sacs à main que je ne pourrai jamais m’offrir pendant que l’Homme reluque les bouteilles de whisky qu’il pourrait s’acheter si on était sur le retour, puis on fait le plein de toblerone et autres sucreries. Comme si on ne mangeait pas assez pendant un voyage en avion…

Et il est déjà l’heure pour nous d’embarquer ! Finalement, ça n’a pas été aussi long qu’on l’imaginait !

Après, à 3

Nous arrivons à l’aéroport en sueur, chargés comme des mulets : notre valise, un sac pour nos affaires en cabine, une autre valise pleine à la gueule des affaires de Nana (on se demande d’ailleurs comment des choses si minuscules peuvent finir par prendre autant de place…), le sac à langer dans la poussette, parce que Nana ne veut pas être en poussette, et l’ergobaby qui pandouille dans le dos, parce que Nana ne veut pas non plus être dans l’ergobaby. Non, elle préfère marcher. Et comme elle ne marche que depuis 2 mois, le moins qu’on puisse dire est que ça reste très approximatif.

On arrive au guichet d’enregistrement, et il y a à peu près 800 personnes devant nous. Certaines nous sourient, d’autres nous regardent un peu de travers, craignant sans doute pour leur tranquillité. Après une demi-heure à hurler et courir après Nana pour qu’elle reste dans la file, plus personne ne nous sourit. Notre tour finit tout de même par arriver, on s’enregistre et on se déleste de nos deux valises.

Pendant que l’Homme et Nana vont trouver un petit coin pour s’asseoir (je te laisse imaginer l’incommensurable joie des heureux élus qui seront leurs voisins, et qui bien sûr auront envie de s’enfuir à toutes jambes se dégourdir les jambes dans 5 minutes), je vais faire un tour pour acheter Cosmo, Joystick (car je crois encore qu’on aura un peu de temps pour lire, naïve que je suis !). Et surtout Popi, Tralalire, un livre de gommettes Kitty et un avec des animaux de la jungle.

Quand je rejoins l’Homme et Nana, elle est en train de se jeter comme une perdue sur les gros poufs du petit espace jeu prévu dans l’aéroport. Et elle hurle devant la télé (ou plutôt un écran qui doit proposer des jeux) qui n’a pas l’air de fonctionner. Puis évidemment, ce qui devait arriver arrive, elle finit par louper le pouf et s’étaler par terre de tout son long, en cognant un peu sa tête contre ledit pouf. Elle hurle de plus belle et bien entendu, les bouboules magiques (aka l’arnica) sont dans la valise partie en soute au lieu d’être dans le sac à langer, ça serait trop simple. Du coup, ni une ni deux, on dégaine le paquet de biscuits et on lui en colle un dans la bouche.

Car oui, entre le moment où tu entres dans l’aéroport et celui où tu sors de l’autre, trajet d’avion compris, tu as le droit d’asseoir ton petit postérieur sur tous tes principes d’éducation. Gâteaux, chocolat et écrans en tous genres deviennent tes meilleurs alliés, et tu es en droit d’en user et d’en abuser dès que tu en as l’occasion.

Nous décidons ensuite d’aller boire un petit café. Nana nous fait bien comprendre qu’elle veut boire, elle aussi. Et en effet, elle boit une minuscule gorgée du fabuleux jus de pommes à 100 dollars, avant de l’abandonner sur un coin de la table. Parce que le brownie au chocolat du monsieur d’à-côté à l’air rudement plus appétissant. Du coup, ni une ni deux, on anticipe et on sort un autre biscuit.

Il est enfin temps d’embarquer. A ce moment là, on savoure le bonheur d’avoir le droit de doubler tout le monde (coucou les relous qui ont fait semblant de pas voir qu’on avait un bébé tout à l’heure dans l’interminable file de l’enregistrement). On se fait copieusement engueuler par la dame de la douane parce qu’on a oublié de vider la poussette et que du coup, on ralenti tout le monde, puis on se retrouve devant les boutiques du duty free. Et le duty free, c’est juste le paradis sur terre pour un enfant, avec ses toblerones géants et ses chuppa chups de 2 kilos. On achète quelques gâteaux (au chocolat, la bonne idée, mais ça on s’en rendra compte un peu plus tard, après qu’elle aura salopé tous nos habits). Je regarde avec envie les femmes sans enfants qui regardent avec envie les flacons de parfum poduku, puis il est l’heure d’embarquer. Ouf, on va enfin avoir un peu de répit ! Huhuhu, bien sûr que non, je plaisante…

Dans l’avion

Avant, à 2

On s’installe tranquillement, moi côté hublot parce que j’adore regarder dehors pendant les voyages en avion, l’Homme côté couloir pour avoir un peu plus de place pour étaler ses grandes guiboles. Puis on décolle : on sort nos revue respectives, nos bouquins tout aussi intellectuels prévus pour l’occasion, et on commence à choisir les films qu’on va regarder sur nos télés individuelles. Que des films récents, qu’on n’aurait même pas pu voir avant des mois à moins de se faire gauler par Adopi. On en connaît déjà beaucoup, rapport au fait qu’on adore aller au ciné dès qu’on en a l’occasion.

Une hôtesse nous propose à boire : on trinque donc avec une bonne petite bière à ces belles vacances qui commencent, avant de déguster le succulent plateau repas de l’avion avec un petit verre de vin (hip, aucun de nous deux ne conduit alors on en profite hein, c’est de bonne guerre…). Je plaisante, le plateau est infect bien sûr, mais on s’en fiche, on a un sac à dos qui dégueule de chocolat.

S’ensuivent d’autres repas, pas mal de films et quelques heures de sommeil, qui varient en fonction du nombre d’heures de vol et d’escales pour arriver à destination.

Mais dans l’ensemble, il faut le dire… On est pas bien là ?!

Après, à 3

A peine a-t-on posé un pied dans l’avion qu’une hôtesse nous donne avec un grand sourire une petite ceinture pour Nana, à accrocher à la mienne. On avance jusqu’à notre place, et on commence à installer notre campement. La dame qui est à côté de nous et qui va partager nos trois prochaines heures est positivement ravie. Non, en vrai, elle nous regarde d’un œil noir, prête à nous sauter à la gorge. Et pour lui donner raison, Nana commence à brailler comme un goret, parce qu’elle n’a pas du tout envie de rester assise sur mes genoux. Elle hurlera d’ailleurs pendant toute la durée du décollage, et même un peu après, une grosse demi-heure à vue de nez. Des hurlements stridents et bien stressants, tout l’avion nous adore déjà.

En plus, comme on n’est rien que des gros radins et qu’on préfère garder nos sous pour siroter des cocktails sur les plages crétoises, on est dans un avion low cost. Donc sans place ni devant, ni sur les côtés, sans mini télé dans le dossier, et avec un mauvais sandwich à la dinde et au fromage en guise de repas. On nous propose quand même un petit rafraîchissement : l’Homme prend une bière, mais comme Nana est en train de s’agiter dans tous les sens, et d’essayer de s’extraire de sa mini ceinture accrochée à moi en glissant par en-dessous, je préfère prendre juste un verre d’eau, ça tâche moins. Pour détourner l’attention, je lui colle un bout d’emmental dans le bec. Ça la calme sur-le-champ. Du coup, pendant la demi-heure suivante, on lui donne à bouloter le contenu de nos sandwichs, dinde et fromage, tout y passe. Le monsieur derrière nous nous propose même son sandwich, avec un gentil « si ça peut la calmer ». On décline poliment, et à la place on lui laisse s’enfiler deux pleines briques de lait au chocolat. Puis des pleines poignées de chips.

Après encore quelques hurlements et une voisine qui ne réprime plus ses soupirs d’exaspération, je pars faire un petit tour dans l’avion avec Nana. Une chance pour nous, les hôtesses en sont vite complètement gaga, et réussissent à l’occuper pendant un bon moment.

Le vol continue, et on continue d’occuper Nana entre nourriture à gogo, gomettes et histoires. 0 minute de dodo à déclarer, ça va de soi : dormir, c’est pour les mauviettes. Enfin, une hôtesse nous invite à rattacher nos ceintures, car l’atterrissage est pour bientôt. Nana ne l’entend pas du tout de cette oreille et se remet à hurler comme un putois, engoncée dans sa micro-ceinture. Et du coup, certainement la contrariété, c’est pile-poil ce moment qu’elle choisit pour lâcher un monstrueux caca, Et une couche complètement pourrite, une ! Et une bien hein, elle ne fait jamais les choses à moitié Nana. Du genre de celles qu’avec l’Homme, on serait prêts à vendre notre mère pour ne pas les changer. Évidemment, pas question d’aller la changer maintenant, on n’a plus le droit de se lever : c’est donc dans cette ambiance paisible et délicatement parfumée que nous allons devoir finir notre voyage. Nous et toutes les personnes autour de nous dans un rayon de 3 mètres.

Enfin, l’atterrissage. Nana hurle toujours, on replie notre campement, on s’excuse platement auprès de nos voisins, et on s’empresse d’évacuer le grumeau puant qui nous sert de fille. L’hôtesse, qui visiblement ne tient pas tellement à la vie, dit au-revoir en souriant à notre voisine, en espérant qu’elle ait passé un bon voyage.

L’arrivée

Avant, à 2

Nous sortons de l’avion, récupérons nos bagages et passons toutes les formalités administratives. C’est long, on est fatigué, mais ça ne compte pas : les vacances commencent !

Après, à 3

Nous sortons de l’avion, et allons récupérer nos bagages. L’Homme patiente devant le tapis roulant, pendant que je courre après Nana, qui justement trouverait très sympa de monter sur ce tapis roulant. Au lieu de ça, on va faire un tour aux toilettes bondées pour changer la couche pourrite. Vingt minutes plus tard, nous ressortons, sentant bon le désodorisant à la vanille et les relents d’urine, spécialité des chiottes publiques.

L’Homme est toujours planté là, à côté d’une poignée d’autres ploucs qui regardent tourner le tapis sans aucune valise dessus. Jusqu’à ce que le tapis finisse carrément par s’arrêter de tourner, et que le trou d’où sortent les valises se ferme. Magnifique.

Nous voilà au guichet, à réclamer à grands cris nos valises. Qui arrivent finalement une demi-heure plus tard avec une dizaine d’autres sur un caddie salvateur. Tous les gens se disent au revoir et s’éparpillent. Sauf nous. Oui, parce que ça serait trop simple, tu comprends bien. On a bien nos deux valises, mais point de poussette. La poussette, on la retrouvera après d’interminables minutes à l’autre bout de l’aéroport, en train de tourner toute seule sur un autre tapis roulant.

Et il va sans dire que pendant tout ce temps, alors qu’on aurait pu la mettre au lit et se prendre une cuite bien méritée, Nana, égale à elle-même, n’a cessé de hurler, courir et manger. Dans cet ordre.

On sort enfin de l’aéroport. Chouette les vacances vont enfin commencer. Enfin, juste le temps de récupérer un peu… Avant le voyage retour.

Quelques conseils pour survivre et ne pas étriper sauvagement ton grumeau en avion :

  • Prévois de quoi occuper le grumeau, en quantité industrielle : gommettes, petits livres pas trop volumineux, dessins animés téléchargés sur le téléphone s’il est assez grand. Non, ne culpabilise pas, ces dessins animés pourront te sauver la vie. Et tu dis merde à tes jolis principes.
  • Prévois aussi de quoi le sustenter largement : tout est permis, même les liquides qui passent en cabine s’ils sont destinés aux bébés. Alors n’hésite pas à faire le plein de lait, de compotes et de biscuits.
  • Pense à prendre un change pour le grumeau, mais aussi un pour toi : il manquerait plus que tu sentes la pisse pendant tout le voyage, tout ça parce que tu n’avais pas prévu le coup.
  • On a souvent les oreilles qui se bouchent et qui nous font un peu mal au moment du décollage et de l’atterrissage, et bien le grumeau, c’est pareil. Alors à moins que le tien soit vraiment très obéissant et sache bâiller à la demande, prévois une tétine à lui coller dans le bec au moment voulu. Ou des bonbons, une sucette, un bib d’eau. N’importe quoi qui se suce en fait.
  • Fais des grands sourires aux gens autour de toi, au milieu des cris ça passera toujours mieux.
  • Fais preuve de patience. Beaucoup. C’est pour la bonne cause après tout. Et ne pense jamais au voyage retour, ça serait un coup à te flinguer tes belles vacances. Parce que, entre nous, voyager en famille, y’a rien de plus chouette, non ?!

CIMG3972

Rendez-vous sur Hellocoton !
Previous Post Next Post

6 Comments

  • Reply Maman raconte

    Excellent résumé !

    23 avril 2014 at 11 h 52 min
    • Reply Marie DiaboloCitron

      Je te remercie 🙂

      23 avril 2014 at 13 h 07 min
  • Reply Nini-et-les-Twix

    Mdrrrrrr punaise je suis pliée ! et apeurée… lol
    Ca me rappel notre premier vol avec Twix droit… ^^ »
    Je pense d’ailleurs prendre l’avion avec les deux Twix cet hiver…
    oui oui avec les deux !
    Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh

    2 mai 2014 at 15 h 52 min
    • Reply Marie DiaboloCitron

      Alors il me reste à te souhaiter bonne chance pour cet hiver… ou toutes mes condoléances, je ne sais pas 😉
      Après, tous les petits ne sont pas aussi, comment dire, « toniques » ? que Nana. Donc il y a toujours de l’espoir !!

      5 mai 2014 at 9 h 15 min
  • Reply Ma fille, mon amour, ma honte | Diabolo Citron

    […] très souvent liées au caca, au vomi et autres substances délicieuses quand on y regarde bien. Je me souviens notamment d’un voyage en avion, d’un caca mémorable, et de voisins de siège positivement ravis d’avoir le privilège […]

    13 novembre 2014 at 21 h 19 min
  • Reply Nono

    Hahaha mais j’ai ri j’ai ri…. ….. Jusqu’à ce que je me dise : punaise c’est bientôt mon tour ! (et je suis seule…). C’est à ce moment là que j’ai pleuré.

    12 février 2017 at 3 h 39 min
  • Leave a Reply