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Moi, j’ai des principes. Et j’y tiens.

Huhuhu ! Je t’ai bien eu hein, avoue que tu m’as crue, l’espace d’un instant !
Parce qu’en réalité, j’aurais pu dire ça il y a encore deux ans très exactement. Jusqu’à ce que Nana déboule dans nos vies, et fasse voler en éclats tous nos jolis principes d’éducation. Ces principes auxquels on tenait tant, qu’on avait longuement réfléchis et élaborés, et sur lesquels, bien évidemment, nous ne céderions rien. Parce qu’avoir des principes pour son enfant et s’y tenir, c’est justement ce qui lui permet de se construire, d’avancer dans la vie et de s’épanouir. Dans notre joli petit monde des Bisounours, tout rose, plein de guimauve et de bisous, Nana ne ferait aucun caprice, puisqu’elle aurait très vite compris qu’avec nous, ce serait peine perdue, elle se délecterait de petites purées maison en agitant délicatement un hochet en bois commerce équitable, avant d’aller se coucher sans que télé ni tétine n’aient rien à faire par ici. Et n’allez pas nous faire croire que c’est si compliqué, il suffit de le vouloir, hein.
Alors, un seul mot d’ordre : aucun compromis, un point c’est tout.
Ah, naïfs que nous étions. Car bien évidemment, à peine le petit bébé tout-choupi tout-mignon a-t-il pointé le bout se son nez, que nous piétinions déjà allègrement ces principes ô combien essentiels. Et ne me jette pas de yaourts périmés au visage, car toi aussi tu es passé par là. Ou alors ça viendra, crois-moi.
Petite rétrospective en 5 étapes d’une déchéance annoncée.

1- Notre fille ne passera pas ses jours et ses nuits une sucette à la bouche. Non, parce que honnêtement, on trouve ça tellement naze de céder à la facilité en collant lâchement une sucette dans la bouche de bébé, tout ça pour être un peu tranquille. Et en plus, c’est moche, ça donne l’air niais, et ça n’est pas franchement hygiénique. Non mais vous avez vu ces mamans qui ramassent la sucette par terre, la mettent rapidement dans leur bouche avant de la fourrer dans celle du bébé devenu hystérique sans son bout de plastique à sucoter ? Tout simplement ridicule. Alors non, notre fille et nous ne serons pas dépendants d’une susu, tototte, ou appelez ça comme vous voulez. 
Et pourtant, quelques mois plus tard (ou quand la vraie vie vous fout une grosse claque dans la tronche…)
Voilà le premier de nos grands principes, à l’Homme et moi. D’ailleurs, nous étions tellement sûrs de nous sur ce coup là, que dans la semi-remorque que nous avons ramenée du magasin de puériculture en prévision de la naissance de Nana, point de tétine. Rien.
Ce grand et beau principe a duré un jour et demi. En effet, je n’ai pu passer qu’une nuit avec Nana, et la deuxième, j’ai déjà été séparée d’elle (suite à un accouchement parfaitement idyllique et à des suites tout aussi joyeuses. Non, je déconne, et je te raconterai tout ça très prochainement…). Au matin de ce deuxième jour, je me dépêche d’aller retrouver ma pépette, slalome dans les couloirs de néonat avec ma chaise roulante, et retrouve mon tout petit bébé dans sa couveuse. Avec une grosse tétine violette qui lui bouffe la moitié du visage. Grands Dieux ! Je m’empresse d’enlever cette immonde sucette de la délicate bouche de mon amour. Et mon amour, elle, s’empresse de pousser des hurlements stridents. Et la sage-femme, avec des airs de me prendre pour un jambon, de m’expliquer que « non mais vous comprenez, elle a besoin de sucer cette petite. »
Et en effet, en la regardant bien (ce qui était d’ailleurs la principale occupation de mes journées, avec dormir, boire des tisanes au fenouil et me gaver de chocolat), on voyait bien avec l’Homme qu’elle n’arrêtait pas de suçoter, même sans rien dans la bouche. Mais on tiendrait bon, non c’est non.
Trois jours plus tard, on n’avait pas craqué. Du coup, Nana a commencé à prendre mes nichons pour des sucettes géantes, et y restait pendue pendant de longues heures, à tétouiller frénétiquement. Autant dire que moi et mes tétons craquelés et violacés, on a très moyennement apprécié.
L’Homme m’encourageait et me disait de tenir bon. Après des heures et des heures passées à bercer Nana avec son petit doigt dans sa bouche, il a un peu changé d’avis, et on a décidé d’un commun accord, qu’il ne fallait pas exagérer, les sucettes c’est pas non plus le Mal. Et que l’Homme irait en acheter ce soir, dès qu’il sortirait de la mater. Ou non, en fait plutôt tout de suite, parce que sinon je vais pleurer…
Et depuis, oui, Nana a l’air un peu niaise avec ses susu joliment décorées de moutons, de vaches zé de chats. On a droit à quelques réveils en sursaut parce qu’elle est tombée entre le lit et le matelas, la fourbe. On passe des heures à la chercher, pile le jour où on est super pressés et déjà grave à la bourre pour notre rendez-vous. Et régulièrement, elle la fait tomber, je la ramasse et lui colle dans la bouche après avoir discrètement bavé dessus pour la nettoyer.
RIP le premier principe. Et ce n’était que le début…
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Indéniablement, la susu donne au grumeau l’air éveillé et débordant d’intelligence.
2- Le fait maison, il n’y a que ça de vrai. Et quand même, il ne faut pas exagérer… C’est tellement simple de préparer soi-même la purée de bébé, avec de bons petits légumes choisis avec amour au marché. 5 minutes dans le Babycook, on mixe, et voilà une délicieuse petite purée. Et au moins, on sait que ce n’est que du bon. Pas comme ces pots du commerce, franchement qui ose donner ça à son bébé ? Ceux aux fruits, passe encore, mais les autres, Beuurk, rien que l’odeur est infecte, et on n’est pas bien sûr de ce qu’il y a dedans de toute manière. Alors prendre 10 minutes pour préparer à manger à son tout petit, il y a pire non ? Et puis la purée se congèle très bien en plus. 
Plus tard, c’est la même chose, une soupe maison, une poêlée de petits légumes, il n’y a vraiment rien de plus simple. Nous, c’est clair : Nana ne mangera pas ces merdouilles de supermarché ! 
Et pourtant, quelques mois plus tard… 
Ah, on a tenu un moment avec nos petits pots maison, et on a usé le Babycook à coups de carottes, haricots verts et courgettes du marché. Et on était super fiers de nous, les premiers mois… A cette époque où Nana mangeait 50 grammes de purée avant de tordre un peu du nez et de réclamer son bibi.
On s’est même lancé dans une purée à l’artichaut… Qui est rapidement devenue une purée de pommes de terres avec une pointe d’artichaut (non mais c’est quand même dingue autant de temps passé pour si peu à manger !). Et c’est là que le sort s’en est mêlé, et que quelques jours plus tard, en me baladant dans les rayons de Carouf, je suis tombée sur un charmant petit pot artichaut. Que j’ai acheté et donné à Nana le lendemain. Et bien évidemment, à ma grande déception, elle n’y a vu que du feu… J’aurais aimé qu’elle me le crache au visage avec une moue dégoûtée, et réclame à grands cris la bonne purée de Maman. Que nenni. Elle a gouapé sa purée en quelques minutes, tout à fait ravie. Ça a été le début de la fin. On a acheté quelques pots potimarron, et pomme de terre-panais. Puis des compotes abricot et pêche, parce que c’était pas la saison et qu’on en avait ras le pompon des pommes, poires et bananes.
Un peu plus tard, on a constaté que si elle faisait la moue devant nos succulents hachés de viande et petits légumes, elle dévorait avidement de pleines assiettes puantes de Blédichouffe pré-digérées.
Aujourd’hui, quand on lui présente une assiette de poisson cuit en papillote avec une julienne de petits légumes, elle balance l’assiette par-dessus sa chaise décline fermement l’assiette avec un air dégoûté, et réclame l’autre poisson. Comprendre celui de Captain Gloogloo plein de panure et d’huile.
Bref, pour faire court : le fait maison, c’est vraiment le top… Mais le reste c’est pas si mal non plus finalement.
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N’essaie pas de m’arnaquer Maman, je sais reconnaître un poisson : c’est jaune et rectangulaire…
3- La malbouffe ne passera pas par nous ! Alors ça, c’est tout simplement hors de question. Quand on voit des pauvres petits de même pas 3 ans sortir tout heureux de chez MacDonuld avec leur petite box, et bien ça nous révolte. Pas vrai mon Poussin ? Et c’est exactement la même chose pour les nuggets, le chocolat (ou pire, le Nutella, biiiih !), ces yaourts saturés de graisses et de sucres… Un enfant a besoin de fruits, de légumes, de bonnes protéines, de choses saines, tout simplement. Nous, on n’aura rien de tout ça à la maison, et tant qu’on pourra, on n’ajoutera ni sel ni sucre à ses repas. Elle aura bien le temps de manger toutes ces cochonneries plus tard. 
Et pourtant, quelques mois plus tard… 
En fait, tout a commencé à Pâques, periode benie des orgies de chocolat et des crises de foie, un peu avant sa première année donc. Jusque là, nous avions été exemplaires, et on se rengorgeait comme deux paons prétentieux, trop heureux de pouvoir dire à qui voulait l’entendre, que Nana n’avait jamais goûté une frite ni un carré de chocolat. Puis il y a eu ce jour, où ces stupides cloches sont passées chez Mamie. Et où les cousins se sont baffrés de chocolat toute la journée. Ce jour où elle a mangé pour la première fois une sucette au chocolat en forme de nounours, ben oui quand même on ne pouvait pas lui refuser ça… Les jours d’après, on a goûté quelques oeufs, un morceau du petit lapin offert par Ti’Papy et Tite’Mamy. Pas grand chose en fait, mais le mal était fait… Et elle qui balbutiait à peine Papa, Maman, chien, gatô… a appris à dire ‘colat. Puis ‘tella, pendant une après-midi crèpes.
Mais c’est pendant nos vacances en Crète qu’on a tout lâché je crois : youpi, c’est les vacances ! Et vas-y qu’on s’enfile glaces, frites, churros et sirops à l’eau, et qu’on envoie joyeusement valser nos jolis principes…
Maintenant, j’avoue, j’ai un peu honte quand on se promène en ville et qu’elle hurle « Trites » comme une possédée quand on passe à côté du MacDonuld… Ça, c’est pour faire bien, parce qu’en fait je m’en fiche un peu. Chez nous, de temps en temps, on aime les trites, épicétout. Et aussi les morceaux de poulet panés et broyés avec plein de sauce qui dégouline, mioume.
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Attention, ce grumeau est un faux. Je répète, ce grumeau est un faux.

4- La télé, pas avant qu’elle rentre à l’école, et encore… Mais les parents qui allument la télé à leur bébé, ils se rendent pas compte que ça les rend idiots ? Il faut voir ces petits qui ressemblent à des zombies devant leurs dessins-animés tellement bêtifiants… Ils connaissent tous les héros et les musiques des génériques par coeur, c’est pathétique. Et tout ça pour avoir quelques minutes de tranquillité. Nous, Poussin, on leur fera plutôt faire de la peinture et de la pâte à sel, et le matin ils se rendormiront un petit moment avec nous s’il est trop tôt, avant qu’on aille prendre notre petit-déjeuner tous ensemble. 

Et pourtant, quelques mois plus tard… 
Alors se rendormir avec Nana pour gagner quelques précieuses minutes de sommeil, on a déjà essayé, tu penses bien… Je te refais la scène, n’importe quel dimanche matin…
7h06, Nana déboule dans la chambre, guillerette et fraîche comme une rose, pleine d’énergie après ses 11 heures de sommeil, prête à entamer une bonne et longue journée, et réclame son biberon maintenant-tout-de-suite en hurlant comme un putois. L’Homme et moi faisons d’abord semblant de dormir (et ça, crois-moi, l’Homme maîtrise vraiment super bien, rapport au fait qu’il s’exerce toutes les nuits dès que Nana pousse un cri). Mais bien sûr, Nana n’est pas un lapin de six semaines, il en faut plus pour l’avoir. Histoire d’être bien certaine, elle ouvre quand même nos paupières avec ses doigts. C’est bon, on ne dort plus. Après nos 5 interminables heures de sommeil (mais qu’est-ce qu’il nous prend d’inviter encore des amis le samedi soir ?), entrecoupées par 4 réveils, on ouvre un oeil, complètement vaseux, et on explique gentiment à Nana qu’il est beaucoup trop tôt, et que tant que le premier chiffre de notre réveil ne sera pas un 8, il est juste hors de question qu’on se lève. Elle vient donc s’installer entre nous deux, et ferme les yeux pour faire semblant de dormir. Sauf que Nana est bien moins bonne comédienne que l’Homme, et qu’elle tient en moyenne 3 à 5 minutes.
7h11, donc : après moult doigts dans les yeux, grosses claques sur la tronche, pieds dans le bide et séance de trampoline sur Papa et Maman, le plus courageux des deux (ou en tous cas le moins patient et endurant) se lève et va préparer un gros bibi à Nana, avant de mettre dans le lecteur dvd ce bon Trotro, et de choisir « tous les épisodes ». Et encore, c’est parce qu’il n’existe pas de bouton « trois fois tous les épisodes ».
Alors oui, lapide-moi si tu veux, mais elle regarde la télé le week-end pendant une petite demi-heure (ces fameux matins…) et une quinzaine de minutes le soir après le bain. Et pourtant, il n’y a pas si longtemps, on discutait avec Nana…
– Comment ils s’appellent tes copains à la crèche ?
– Malo, Sara…
– Et puis ?
– Jules…
– Super, et qui d’autre ?
– Oui-Oui, Zim…
Oui, je sais, elle est démente la crèche de Nana…
The baby sits on a white sofa with the TV panel
grumeau lobotomisé, parents reposés.

 

5- Chez nous, ce ne seront pas les enfants qui feront la loi. On en a assez vu, des amis qui se font bouffer par leurs gamins, alors nous, il est hors de question qu’on cède sur tout et n’importe quoi, ou qu’on se ridiculise pour obtenir quelque chose d’un minuscule bébé. Faire l’avion avec notre cuillère remplie de purée, très peu pour nous.
Et pourtant, quelques mois plus tard… 
Ai-je besoin d’en dire plus ? Tu as compris le principe, pas vrai ? Alors effectivement, on n’a jamais eu besoin de faire l’avion avec une cuillère pleine de purée, vu que Nana est une grosse bouffe et qu’elle se fait rarement prier quand c’est l’heure du repas. Par contre, il nous arrive de lui fourrer des croûtons de pain et des litres de compote dans le bec pour éviter qu’elle nous colle la honte à la caisse du supermarché. De nous retrouver avec des bonnets d’hiver à pompons sur la tête, au milieu du salon, à chanter à tue-tête « Les petits poissons dans l’eau », juste parce qu’elle trouve ça génial. Ou de marchander lâchement, du genre « si tu prends bien ton médicament au goût de banane-qui-donne-la-gerbe, tu auras 2 oursons guimauve. »
Et il faut mieux éviter de demander à Nana en public qui est le chef à la maison… Car immanquablement, elle crie « Nana Fef » en tapant sur son bidon et en riant comme une bossue.

Mother carrying child while shopping in supermarket
J’en n’ai rien à carrer de tes citrons Maman.  On va au rayon yaourts  maintenant ?

 

Et bien sûr, ce ne sont là que des morceaux choisis… On pourrait en trouver encore et encore. Mais de te raconter tout ça, mon amour-propre a pris un sacré coup, donc on va s’arrêter là. Jusqu’à la prochaine fois…Et toi, quels grands principes as-tu joyeusement piétinés depuis l’arrivée de ton grumeau ?

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4 Comments

  • Reply Maman raconte

    Bravo pour ce parfait résumé de nos vies de jeunes parents. C’est très drôle a lire mais tellement désespérant en vrai ! Avant j’avais des principes et maintenant j’ai des plans B et j’avoue que c’est quand même plus utile ! Dans la même veine, on pourrait rajouter : des jouets plein le salon, moi jamais, les jouets sont faits pour être rangés dans la chambre des lutins… Et quelques mois plus tard, notre espace de vie, lieu de réception, endroit autrefois zen et de bon goût, est devenu une crèche bis

    10 avril 2014 at 7 h 11 min
    • Reply Marie DiaboloCitron

      Comme tu as raison ! J’aurais pu le rajouter dans le top de nos principes « le salon restera le salon ». Et qui est devenu en quelques mois une annexe de la ludothèque !!

      10 avril 2014 at 8 h 16 min
  • Reply oph

    Tellement vrai!

    11 avril 2014 at 15 h 15 min
  • Reply Marie

    J adore, et j ai bien rigolé à te lire!

    24 avril 2014 at 8 h 18 min
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