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La rentrée, côté prof

Cette rentrée a été une grande rentrée à la maison. D’abord parce que c’était la toute première rentrée de Nana à l’école maternelle. Et ça on peut dire ce qu’on veut, c’est quand même une sacrée étape. Mais aussi un peu parce que pour moi, c’était la première rentrée en tant que prof de français titulaire, après une reconversion brillamment réussie, en toute modestie bien entendu.

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Et cette année scolaire a commencé sur les chapeaux de roues, c’est le moins que l’on puisse dire. D’abord parce que j’ai été obligée d’accepter un service de 2,5 heures supplémentaires, ce qui fait, je le rappelle pour toi qui me fais pas partie de la grande famille des profs, que j’ai 20h30 de cours par semaine. Et comme je t’imagine bien de l’autre côté de l’écran en train de hausser les sourcils avec un air quelque peu perplexe, je vais traduire pour toi : C’est ENORME ! Avec tout ça je vais être archi-débordée toute l’année. Fais moi confiance et arrête de rigoler bêtement s’il te plaît. Parce qu’en vrai, ça veut surtout dire 5 classes au lieu des 4 qu’on a classiquement en français, donc autant de cours à préparer en plus, et surtout des piles de paquets de torchons copies à corriger frénétiquement au dernier moment.

Et comme si ça ne suffisait pas, et que je dois être un brin masochiste, j’ai aussi accepté d’être prof principale d’une classe de 5è, de faire partie du conseil d’administration du collège, de m’investir dans un super projet avec ma classe de 3è, et d’organiser un tas d’activités géniales avec les autres classes. Mais bien sûr si j’ai pu faire ces choix, c’est simplement parce que Nana me laisse maintenant un temps libre infini tellement elle est sage, obéissante et autonome. Non, je plaisante bien évidemment, elle m’a jamais été aussi pète-rouleau, et je ne sais pas pourquoi mais je la soupçonne de le faire exprès. L’année sera sportive, qu’on se le dise.

APPAREILS AUDITIFS

Bref, pour ce qui est des côtés positifs, il y en a quand même beaucoup, et heureusement.

  • J’ai été heureuse de retrouver la grande majorité de mes élèves. Exception faite d’une grosse poignée de mes anciens 5è qui n’ont pas échappé à la malédiction qui touche tellement d’élèves de cet âge, et transforme les adorables petits 5è tellement choupis, enthousiastes, intéressés et studieux en ces atroces adolescents rebelles, blasés et benêts que sont les 4è.
  • Mes élèves ont eu l’air ravis de me retrouver aussi. Et je ne vois qu’une seule explication à cela : je dois être une prof de français simplement géniale, et mes petits élèves devaient attendre avec une impatience non dissimulée que les vacances se terminent pour nous retrouver, moi et mes cours palpitants. Sinon quoi d’autre, franchement ?
  • Ca fait plaisir de retrouver les collègues qu’on apprécie tant, de se raconter nos vacances autour du sublime café de la machine à café, de dire du mal des élèves qu’on n’aime pas et qui ont une une poussée d’acné fulgurante pendant les vacances
  • Je pense que le plus dur reste derrière moi. Cette première année où on part de zéro, où absolument tout est à faire et où je n’ai pas été foutue de m’avancer ne serait-ce que de quelques jours. Cette année, j’ai des bases, je sais ce qui marche ou pas, je maîtrise un peu mon sujet, et c’est vraiment plus chouette.

Par contre…

  • Il n’y a rien à faire, même après deux mois de vacances, les suce-boules, les relous, les mous du genou, les gros nuls irrécupérables… le restent.
  • Et il n’y a rien à faire, même après deux mois de vacances, l’infirmier lourdingue et mytho, l’assistante sociale antipathique et la collègue de math acariâtre… Le restent.
  • Sur mes 5 classes, il en fallait bien une que je ne peux pas encadrer. Mais alors vraiment pas. Celle qui te fait d’emblée détester la journée qui commence par une heure avec elle. Celle que tu ne peux pas t’empêcher de pourrir en permanence, parce qu’ils le font exprès ou quoi ? Celle dans laquelle on a regroupé tous les bolos et les cas sociaux de toutes les classes de 5è de l’an passé.
  • Le cuisinier de la cantine n’a pas changé. Et semble toujours raffoler des cuisses de pintade accompagnées d’un charmant (et surgelé) bouquet de légumes. Et s’entête à faire de la salade piémontaise en entrée alors qu’il y a de la saucisse et des patates ensuite, et une banane en dessert, coucou l’équilibre alimentaire.

MAUPASSANT

Et puis, comme je le disais, j’ai découvert en ce début d’année le bonheur d’être prof principale d’une classe de 5è (comprendre deuxième maman d’une bande de bébés qui se prennent pour des caïds). Et le lot de réjouissances qui vont avec.

  • « Madaaaame, je sais pas pourquoi mais je crois que les autres de la classe ils m’aiment pas… »  Ah oui ? C’est marrant ça parce que moi non plus je ne comprends vraiment pas pourquoi…
  • « Madaaaame, et ben Mme Machin la prof de musique, elle m’a enlevé deux points sur mon devoir parce que je faisais l’imbécile en classe, sauf que vous nous avez bien dit quand vous nous avez lu le règlement intérieur qu’on ne pouvait pas punir le comportement d’un élève en s’en prenant à ses notes ». Adorable suce-boules, tu diras à ta chère maman de s’occuper un peu de son postérieur et de l’éducation de sa tête de con de gamin Merci de me le signaler j’en discuterai évidemment avec Madame Machin.
  • « Madaaaame, y’a un élève de segpa qui m’a bousculé dans la cour et ses copains m’ont marché dessus en riant » Merde, et dire que j’ai loupé ça !
  • « Madaaaame, vous êtes vraiment la meilleure prof de français et même la meilleure prof tout court qu’on ait jamais eue » Sachez, bande de sales fayots, que ce n’est pas en me faisant de la lèche que j’aurai moins envie de vous coller dans le groupe d’aide au travail le jeudi de 13h à 14h… Ca serait même plutôt l’inverse en fait…
  • « Y a-t-il des sujets importants dont vous aimeriez me parler ? » « A la cantine, les 3è ils respectent pas l’ordre de passage et nous on doit tout le temps attendre… »  » A la cantine, les surveillants ils réservent les tables de 6 pour les grands, du coup nous quand on est 6, on est obligé de se séparer et de prendre 2 tables de 4″ « A la cantine, ceux du lycée ils ont le droit de prendre 2 yaourts alors que nous jamais »  » A la cantine, il y a trop souvent des légumes et pas assez souvent des patates ». Des problèmes existentiels donc. J’ai comme l’impression que l’estomac d’un ado n’est pas à négliger…
Les élèves ont eu des lectures passionnantes l'an passé...

Les élèves ont eu des lectures passionnantes l’an passé…

Une rentrée bien mouvementée donc, j’ai hâte de voir la suite…

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1 Comment

  • Reply Norm

    Bizonyára ! Már csak azt kell(ene) tudni, hogy "mi van a talajban"…. (arrafelé…)Bár példám "sántít" – esetleg megnézni pl. a háttérsugárzás adatait – (bár az most nem tartozik ide) – ill. pl. a "cserkúti " telkeken termelt növényekre &q&Ã;tro¡szállóuquot; "kissé sugárzó por" ?- ill. ami belekerül azokba a növényekbe… Viszont ( jó kérdés ! ) mit mutathatnak most a sugárzásmérÅ‘k a Széchenyi téren ?… (köveket felszedték) – mert régebben tankönyvekben is szerepelt az érték. 🙂 🙂

    11 mars 2017 at 14 h 59 min
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