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Et pourtant, je m’étais jurée…

Oui, pourtant, toutes ces petites choses, je m’étais jurée que je ne les ferais pas. Pas moi. Non, ça, jamais. La maternité ne me transformerait pas à ce point, hors de question.

Toutes ces petites choses, quand je les voyais chez les autres, elles avaient le don de m’exaspérer, vraiment. Et des dizaines de fois, j’ai juré mes grands dieux que moi, on ne m’y prendrait pas.

Du coup, je me retrouve un peu péteuse, il faut bien le reconnaître, quand je regarde un peu derrière moi…

Voici donc le top 10 de tout ce que je m’étais jurée de ne jamais faire, et que je me vois faire tellement souvent (le top 20 était largement faisable, mais j’ai eu un peu trop honte).

1/ Le doigt plein de bave qui frotte le coin de la bouche pour enlever une tâche

Nana a du Nutella / de la confiture / de la purée / un morceau de patate, juste là, au coin de la bouche. Je lui dis, et au choix, elle éclate de rire en criant « moi en ai partout » (option la plus fréquente), ou barbouille son visage avec ses petits doigts crépis de Nutella / confiture / purée / morceaux de patate, mais jamais elle n’arrive à l’essuyer correctement. Du coup, d’un geste un peu machinal, je bave gracieusement sur mon doigt délicat, et frotte le coin de sa bouche.

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t’as un morceau de patate juste là, le grumeau

C’est écœurant. C’est dégueu. Je détestais au plus haut point qu’on me fasse ça quand j’étais gamine. Mais tu peux y aller, je ne loupe jamais une occasion.

2/ Baver sur la tétine sous prétexte de la nettoyer

La susu (sucette, tototte, tétine, appelle ça comme tu veux) de Nana tombe par terre alors qu’elle est en train de jouer tranquillement avec son puzzle d’escalader le canapé pour essayer de toucher le ciel. Elle s’apprête à la ramasser pour se la coller à nouveau dans la bouche, quand super-maman intervient. Pas question que mon petit amour si délicat, la chair de ma chair, s’empoisonne avec cette susu souillée ; elle risquerait de choper le tétanos ou la lèpre, sait-on jamais. Le problème, c’est que là, maintenant, je suis assise sur le canapé, qui est ma foi fort confortable. En train de regarder un documentaire passionnant sur les peuplades indigènes au… Ok, en train de regarder scènes de ménage. Que je n’ai pas la moindre envie de lever mon royal postérieur pour aller rincer la susu. Tant pis, être maman, c’est aussi savoir prendre des risques : faisant fi du tétanos et de la lèpre, je fourre la susu dans ma bouche et bave copieusement dessus avant de la recoller dans celle de mon grumeau chéri. Pleine de bave, soit, mais c’est celle de sa maman d’amour, ça ne compte pas. Si ?

3/ Prendre la télé pour une nounou

Le matin surtout, il faut bien l’avouer. Le cadran de ton réveil affiche encore un 6 en premier. Peu importe ce qui vient derrière, 6 c’est de toute manière parfaitement indécent. Ton bien aimé grumeau a une pêche d’enfer après ses 10 ou 11 heures de sommeil. Toi, tu peines à ouvrir un œil, l’Homme, lui, fait encore semblant de dormir en ronflant bruyamment, pensant que tu n’y verras que du feu et que tu le laisseras roupiller peinard quelques heures de plus. Tu hésites quelques minutes (ou 4 secondes) avant de filer à la cuisine préparer un bibi, et d’installer ton grumeau sur le canapé, avec une jolie couverture sur ses petites guiboles (ben oui, tu n’es pas non plus un parent indigne), devant un bon Sam le Pompier. Un DVD hein, pas un petit épisode de 7 minutes. Tu l’embrasses tendrement (en lui expliquant qu’il doit rester assis bien tranquillement sans venir embêter Papa et Maman) et retournes dans ta chambre pour pioncer quelques précieuses minutes de plus. L’Homme émet un espèce de grognement, histoire de faire plus vrai.

Promis, cette après-midi, on fera plein d’activités épanouissantes et passionnantes.

4/ S’extasier devant du pipi et du caca

Oui, parce que franchement, c’est terriblement ridicule. J’en suis bien consciente. Mais ça ne m’a pas empêchée, dès les premiers jours de vie de Nana, de me pâme devant ses gros cacas dégueus. « Bravo ma chérie tu as fait un gros caca! ». Pitoyable.

Et encore ça n’était rien comparé à ce qui a suivi. Ah, l’apprentissage de la propreté… Applaudir à la moindre goutte de pipi, faire la danse de la joie et hurler d’allégresse pour n’importe quel petit caca. Je l’ai emmenée avec moi aux toilettes. On a dit au-revoir en riant à son super-caca qui aller retrouver tous ses petits copains. Je me suis extasiée en le regardant flotter, admirative, pendant que Nana m’expliquait que ce caca était vraiment très gros. Oui, j’ai fait tout ça. Mais c’était pour la bonne cause, tout le monde fait ça, pas vrai ?

5/ Tchoupi et tous ses copains un peu niais

J’adore la littérature pour enfants, et il y a tellement d’albums géniaux… Chez nous, tout était très clair : pas de Tchoupi, petit ours brun, Trotro et autres idiots du village. Et qu’on ne me fasse pas croire que ça aide l’enfant à franchir certaines étapes, pour ça il y a tellement d’autres albums si bien faits… Puis chez les cousins, on a lu Tchoupi fait du vélo. Et comme Nana a adoré, on a acheté Tchoupi fête Noël, et Tchoupi est poli. Puis Tchoupi va sur le pot, parce que c’était de circonstance. Et Tchoupi a peu de l’orage, parce que Nana aussi elle a peur de l’orage. Et Tchoupi ne veut pas prêter, parce que bon, tu as compris le principe. Bref, Tchoupi, je peux pas l’encadrer, n’empêche qu’on en a une bonne collec à la maison.

Et comme ça, au cas où, Thierry Courtin, si tu passes par là… Je te suggèrerais bien quelques titres, du genre Tchoupi mange autre chose que des saucisses, Tchoupi fait son petit chef, Tchoupi prend Maman pour une buse, ou Tchoupi pète les bonbons de Maman pendant les vacances.

Et aussi Tchoupi met ses chaussettes par deux dans la panière, ou Tchoupi met les bouteilles de bière dans le garage quand elle son vides. Merci !

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6/ Inventer des histoires à dormir debout

Et par la même occasion, prendre son gentil grumeau pour un gros jambon.

« Bien sûr que les loups sont sortis de la chambre, je les ai vus tout à l’heure et ils m’ont dit qu’ils avaient vraiment très peur de toi et qu’ils n’osaient plus rentrer dans la chambre »

« si tu ne ranges pas ton puzzle maintenant, le chat va venir le manger cette nuit. Et tu ne pourras plus jamais jouer avec. Jamais de toute ta vie entière »

« si tu manges trop de crocros, tes dents vont pourrir et elles vont toutes tomber, ok ? »

« si tu ne mets pas tes chaussures tudessuite, Papa et moi on part chez papi et mamie sans toi, et tu resteras à la maison toute seule pendant toute la journée. »

Bref, tu comprends le principe.

7/ Faire des trucs crados

Je veux dire d’autres trucs que lécher la sucette pour la nettoyer, ou essuyer la bouche avec un doigt baveux.

Tiens, une odeur un peu suspecte… Hop, je vais illico renifler les fesses du grumeau pour m’assurer que ça ne vienne pas de là. Ah ben oui, ça venait de là.

Au petit déjeuner, Nana demande une tartine de confiture. Une « crès grosse ». Elle l’enfourne goulument dans sa bouche, s’en colle un peu partout au passage. Idem pour la deuxième bouchée, puis pour la troisième, qu’elle recrache sur la table d’un air un peu dégoûté accompagné d’un « non pas ça, beeeeeeeurk ». Grimace de circonstance. Ni une ni deux, je récupère le bout de nourriture prémâchée et le colle dans ma bouche. Ce truc que je fais avec ma fille, mais dont la simple idée me ferait romir s’il s’agissait de n’importe quelle autre personne. Fonctionne aussi avec les nouilles, les morceaux de gâteau, les fonds de cuillères avec n’importe quoi dessus.

8/ Parler comme une demeurée

Tout le monde le sait, il faut parler à un enfant comme à un adulte, et ne pas le bêtifier en utilisant un langage gniagnia-cucul-la-praline.

« Allez mon petit crapouillou d’amour, on fait un bon miam, puis un gros pipi, un câlinou à maman, et on va faire un très très grand dodo. Comme ça on sera en pleine forme demain et on pourra faire joujou pour la journée, Youpi ! ».

9/ Devenir bête

J’en ai des exemples en tête. Un peu trop en fait. Je me souviens notamment d’une nuit où ma Nana, malade, toussait vraiment beaucoup. Une toux qui m’inquiétait, l’empêchait de dormir et du coup moi aussi. Me voilà donc, sur les coups de 3h du matin, dans les toilettes avec mon téléphone, en train de chercher une solution à mon problème sur Doctissitruc et Auféminuche. Relever un peu la tête, et autres trucs classiques, c’était fait. Jujudu92 suggère de placer sous le lit un oignon coupé en deux, c’est d’une efficacité redoutable. Je vais vérifier, Lililibellule, J-Louisforever et Ninilesgrosmelons sont tout à fait d’accord :c’est magique. Je sors des toilettes et me dirige vers la cuisine…

Bref, je t’épargne les détails, mais au petit matin, Nana toussait toujours autant, la chambre empestait l’oignon et l’Homme était positivement ravi.

10/ Aduler son enfant

Je ne supporte pas ces parents qui portent leur enfant aux nues, en font des petites créatures parfaites et s’extasient sur le moindre petit détail.

Bon, moi, c’est très différent. Il se trouve que de façon tout à fait objective, ma fille est parfaite. Belle, intelligente, géniale, douée. Du coup, moi j’ai le droit de m’extasier. Et toi aussi tu peux t’extasier sur elle. Tu saisis la nuance ?

 

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2 Comments

  • Reply Marie

    J adore… Et tellement vrai 🙂

    14 août 2014 at 11 h 13 min
    • Reply Marie DiaboloCitron

      alors toi aussi hein 🙂

      15 août 2014 at 10 h 56 min

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